Chronique d’”Amnésie” dans Groove N°71 (Mai 2003)
Mine de rien, la (petite) compilation “Maximum Boycott vol.1″ a bien joué son rôle de révélateur de MCs avec Kroniker, Hustla, Bunzen ou Sept. Dans la foulée, ce dernier en profite pour sortir son premier album sans avoir sorti de maxi auparavant, hormis un ou deux feat avec Triptik et La ménagerie et deux trois tapes !
En tout cas sur “Amnésie”, Sept ne semble pas manquer de confiance, pourtant il est bien accompagné sur douze des dix-sept titres, permettant particulièrement à El Ness, D’Oz, Boobaboobsa et Hustla de confirmer tout le bien qu’on pensait d’eux !
Par ailleurs, Sept dispose d’une approche lyricale assez séduisante et surprend par la richesse de ses textes. Dans la lignée de rappeurs comme Sako de chiens de Paille, Sept se prend la tête en offrant une écriture à plusieurs dimensions.
Même si on peut perdre le fil par moment, Sept utilise donc des thématiques certes classiques, mais avec un lexique assez varié et associé au vocabulaire de la rue comme sur La logique du chrono, Vice étatique, ou le parfait exemple: Amnésie.
Même constat pour les musiques riches de Kilab, Sir Yu, DJ Steady ou Jey qui lorgnent vers les maîtres déjantés Madlib et Edan. Un univers soulful, parfois “dark” et intimiste (Le sample de Portishead sur Nécropole…), nous enveloppe dans ce disque personnel avec du haut vol (Amnésie, Les règles de l’art, Trois crevards…) et quelques passages inégaux (Ego sans trique, le lourd Olympe Mountain -1 malgré la ppanolie impressionante de flows…).
Comme quoi dans l’underground fraçais, la valeur n’attend pas le nombre de feats ou de maxis sortis.
Par Vincent Portois









