Zoom sur Sept dans Radikal n°72 (Mai 2003)
C’est avec les rimes rageuses de Public Enemy que ce bonhomme de treize ans commence à poser quelques phases; plus qu’un délire de gamin, le rap sera le chemin que suivra Sept, un blaze de quatre lettres facile à manier dans le texte.
Aujourd’hui, à 28 piges, “pas de possee, pas de groupe, pas de compte à rendre”, le rappeur à la voix caverneuse sort son album éponyme après avoir cassé quelques instrus aux cotés notamment de Triptik, de la Ménagerie, de De Brazza records, ou encore de Kroniker: “Ça a mis pas mal de temps à se mettre en place. Malgré cela, ça fait plaisir d’enfin aboutir un projet, de présenter des morceaux et de se dire que des gens vont les écouter. Mais bon, je ne m’emporte pas non plus spécialement. Je sais très bien qu’il faut rester les pieds sur terre. C’est un petit projet dont le but est de se faire connaître, et que ça aboutisse sur autre chose.”
Conscient des tristes réalités du rap business, Sept, un véritable militant. Pour lui, le Rap ne se détache en rien du social, faisant corps tous les deux, s’expliquant l’un et l’autre: “ce qui m’intéresse, c’est de parler de la société, de la vie, des rapports humains et de la politique, sans pour autant être rédacteur au Monde, mais c’est ma vision à moi.”
Sept dégage une réelle honnêteté artistique; en (très) bon lyriciste, il dévoile le secret de son art: “dans mes textes, j’utilise aussi bien des mots d’argot que des mots de Français soutenu qu’on utilise jamais. C’est ce qui m’intéresse, c’est de faire cohabiter ces deux genres de mots, ça me permet d’aller plus loin dans les rimes. Je fais ce qui me sort du ventre. J’essaie pas de dire un truc pour plaire à telle catégorie de gens, j’essaie pas spécialement de me la raconter, de jouer les racailles… C’est une espèce de thérapie, et ça fait du bien”.
Sept, un vieux de la vieille qui ne lâche pas l’affaire, et, après écoute, que vous ne lâcherez pas non plus, même si ses textes sont souvent aussi noirs que son encre.









