Sept-Paroles “Noy-otage” (2003)
[Sept]
Une discipline sonore qui souffre d’absentéisme ; y compris celui qui chine au bord du gouffre attend le séisme, un bruit pour broyer autre chose que du noir avant qu’on canne. La nuit fait tournoyer trop de névroses et d’histoires dans mon crâne. J’entends des écorchés aboyer sur des sons calmes, tentant de les torcher sans se noyer : aucun n’ont de palme du mérite. Exclure les pros c’est dur, épure tes procédures et médite à un procédé lyrical de raquer tes procès verbaux, à posséder un moyen qui se vale d’accès au cerveau, y poser des empreintes digitales. Une mélancolie virale attrapée au berceau pendant que t’es dans les Folies Pigalle à rapper trop perso. Je repars au taf, les étoiles guident ma trajectoire, mes paragraphes dévoilent pourquoi ils dilapident un tas d’espoirs. Un destin si rapide impossible à prévoir, à les voir mis en pyramides, se pousser pour se mouvoir, accessoires d’un empire avide de tous ces pouvoirs. On dit qu’il faut en vouloir, je me dis que j’ai pas envie de ce foutoir - ils laissent pas d’empreintes. Plus on se perd moins on conspire. Qui percera l’enceinte sans se fonsdère avant qu’on se tire ?
Refrain
On lâche rien, on se crève à la tache. La nuit on noircit des calepins et chaque matin on se lève à l’arrache. Malgré un rap noyauté et des conditions inférieures on garde le cap par loyauté à des convictions intérieures.
[Ki Lab]
C’est clair, ça me chagrine de voir des MCs qui rêvent de faire platine alors que leurs vers patinent sur des disques Verbatim. Avec l’envie, je trime, de voir un jour les miens en vitrine, que les Didiers l’écoutent sur leur chères platines. Face à ta dream team de travs sans trêve, mon équipe de crèvs trime grave. Quoi ? des rimes grasses qui hantent tes rêves. Friands de ces matières friables, on passe des soirées interminables à se mettre minables pour chercher vers, syllabes. Indésirables même si nos yeuzes grossis, les poches creuses on livre quand même de copieuses copies qui enivrent les gastronomes de poésie urbaine, et comme notre prose est si humaine elle touche tout le monde. On fait tout pour se fondre dans la masse mais notre avenir est toujours sombre. Tous se foutent dans le sas à coups de shlass, on se fraye un chemin, le coup de grâce on verra demain. Le manque de sommeil fait que quand le soleil se lève, de ma chambre la lumière s’éteint.
Refrain
[Sept]
Des paroles en l’air et une image codifiée - pas de commentaires sur les habillages modifiés. Les mégapoles enterrent des visages momifiés, peu d’équaliseurs s’affolent. Bagnoles et synthétiseurs, le pactole esquinte les tiseurs qui racolent. Les maquettes maison accouchées dans l’effort sont sans ampleur, des gars jettent des sons à coucher dehors dans des sampleurs. Inutile d’épingler d’étiquettes à des vers si subtiles. Des cinglés des disquettes et des disques déterrent des mélodies, les dépoussièrent et les estropient. Elles réexistent, on est tous fiers quand on les copie, y a des pistes mais pas un n’est sorti. Y a de quoi trasher, ça persiste, autant dire à un trapéziste de lâcher tant que mes bras résistent. Nique les affairistes du marché, les carences des playlists, l’alliance des carriéristes. A toute épreuve, j’avance à contre courant mais y a tous les fleuves à passer, plus patient qu’un enfant qui veut une poupée neuve à casser, si autant de couplets pleuvent. Les poulets peuvent tabasser des innocents, c’est clair, le gouvernement se fout des preuves amassées. Faudrait faire reculer les échéances, déplaire aux enculés sans embrasser la déchéance.
[Iraka 20001]
Voilà une minute de brut pour ton âme, du condensé de type sous pression qui à coups de Kalam sur papyrus calme ses émotions, s’amuse avec les mots tentant de leur donner sens et intonation. Je dis pas que j’y arrive tout le temps mais chaque nouvelle élaboration m’apprend à ce que je sois à cran ou en gravitation. C’est vrai que le rap me prend pas mal de mon temps de vie, après c’est question de choix à faire ou pas. Là je t’en parle en jouant les sûr-de-moi, mais en fait je prie avec au bout l’espoir de pas me planter. C’est bien sympa de chanter mais faudra bien que mes enfants se nourrissent, s’habillent, dorment et aillent à l’école en bonne santé ; et ça sans franc tu l’as pas.
[Refrain à la sauce Microbe]
[User]
Au réveil je suis plein d’espoir, plein de power, plein de projets en tête, plein de personnes à contacter, plein de raps à écrire. Mais en fait les jours se répètent, c’est toujours le même aboutissement, l’impression de stagner. faire aller mais faut faire avec, les prises de tête marquent un quotidien mouvementé car bien trop souvent je ris pour ne pas pleurer. Faut pas se leurrer, je n’ai pas à me plaindre car chez moi tout va bien, c’est pas pour ça que quand je sors je ne vois rien. Ça fait longtemps que nos oeillères ont sauté, comprends bien : la rage au ventre je l’ai plus qu’hier mais bien moins que demain. Pourtant j’essaie de positiver car quand la haine m’imprègne je sais plus où je vais, j’ai juste envie de cramer le système et je sais que c’est une réaction primaire sous l’excès de colère. Demande à Mamère pourquoi y a pas qu’à Bègles qu’on nique sa mère ! Y a tant de raisons de pèter les plombs, de sortir de ses gongs quand tous les jours on nous prend pour des cons. Amer est le goût de la défaite, je reste positif, explosif comme une bombe.
[Iraka 20001]
Ça fait 1, 2, 3, 4, 5, 6, c’est Sept et Irakette sur maquette piratable. Nos dires accablent en fait ceux qui, sans quête, s’attardent à bavarder sans être et s’empêtrent dans des philosophies de vie bâtardes. Et là pour le coup c’est bien plus que nos blazes que l’on placarde ; primo parce qu’on s’entête, secundo parce qu’on te rencarde d’ici cinq ans, quand leurs peuras peu convaincants seront esquintés. La mode ne dure qu’un temps et contrairement aux éreintés de la rime que nous semblons être, il me semble qu’ils trichent quand ils te disent ce qu’ils ressentent en assemblant ces lettres, ces cons.
Refrain
[Microbe : impro basique]









