Sept-Paroles “Trois crevards” (2003)

24 juillet 2004

[Sept]

Je suis peut-être un crèv’, miss, mais mon unique requête c’est qu’une trêve brise le glaive en guise d’interstice. Plus je te guette plus mes rêves se tissent de câlins au parfum de levrette exquise, en secrètes perquises afin que sous tes lèvres mon index glisse. Mais le matin m’enlève à un délice mièvre et me jette dans un tel vice que s’il advient que je te lève à la fin et que ton imper’ crisse, rends moi un service, prends un air peace si ça devient malsain à moins que tu me l’interdises. Dans ce cas, reçois mes plus sincères bises mais crains ma traîtrise et retiens pour le prochain ce que plein de mères disent. Cherche un copain qui revient de l’église, qui ait un lopin de terre prises, un gros train de vie. Et pour bien faire, si son baratin se précise, pour qu’il insiste un zeste, crise et reste indécise. En attendant j’expertise, inspecte, vise et ne fais pas semblant par le biais d’infectes mises de prétendants qui te méprisent et que seuls quelques moyens déguisent.

Refrain
On est de ces crèvs que tu ne calcules pas, on basculeras pas dans tes choix de pulcra. On sait que la vie est brève, que le tri se fera sur le tas, mais à part des rêves y a plus que ça.

[Bilen]

Plein de parano mais elle est où notre part à nous ? On parle à vous dans un travail permanent. Apparemment, ces gens voient en nous des garnements mais je garde mon calme, regarde ce monde infâme. J’ai côtoyé ce côté immonde plein de shit, de came et de houane, pourtant j’ai essayé d’être sur le bon trajet mis à part le shit et le sky. La bave aux lèvres, pris par leur défonce et mon quotidien, les alentours, je te dénonce ; fini le temps où l’innocence m’aveuglait. J’ai démasqué les bons, les mauvais, compris qu’ici c’est tout pour les lovés. Business, scooters, postes, VTT. Un receleur en bas de cette cité y sert, à rester des heures parler d’avenir et de bonheur, à être bonard auprès de ma douceur sans me demander ce qui se passera d’ici ces vingt-quatre heures. Wooo, j’écris peu, je flippe devant cette feuille blanche. J’ai la rime, le flow, le beat, tout pour que la foule se déhanche, de l’impro en avalanche. combien de fois j’ai essayé de la remplir ? Pas question de lâcher l’affaire, j’ai une tache à accomplir. Je lui fait parvenir mes bons, mes mauvais souvenirs. Au fond je garde quand même le sourire, elle a su m’ouvrir des portes, renforcer les liens avec ma famille, être plus proche de mes potes. Un stylo, un bloc-note, sur le sujet je me penche et je te le refais clairement lors de mes concerts. Ecoute, je parle de tout et de rien, peut-être que ça te concerne. Les cons voudraient qu’on se perde, le virus se propage, l’antidote je conserve. T’en es tombé accro comme un tox qui ferait tout pour sa blanche ou un boxeur terrassé coup pour coup qui voudrait prendre sa revanche. Désormais sa bouche doit savoir tenir, tu sais à quoi t’attendre et à quoi t’en tenir.

[Ki Lab]

J’ai pas de chaînes en or massif ni de bagouzes en guise de carte de visite. Des années, j’en ai passé douze dans ce biz pour constater que c’est souvent par gourmandise qu’après un triste parcours des groupes s’enlisent. Car une fois que du gen-ar le goût prend prise, ils ont plus de cent millions de centimes en songes dans une bourse en crise. Voilà pourquoi t’as senti le mensonge et que tous, gentiment, plongent sous l’emprise des prods qui souvent visent les cent mille ventes. Pour ces vedettes, chaque jour, la hantise est grandissante de pas atteindre leur but. Prêts à tout pour les sous, s’enduisent le boul’ dans le courant, puisent leur inspiration. Et sûr à cent pour cent, je mise que pour eux, je suis bon qu’à traîner au bas des tours peintes toutes en grises comme ces journées où souvent je tise. Mais en toute franchise, quand ils se foutent en chemises à fleurs, un jean à fleur de peau, on dirait tous des John Trav’ écoutant Grease.

Refrain

[Karaoké : Fais ton propre couplet et deviens le quatrième crevard !]

Et vous, vous en pensez quoi ?