Sept-Paroles “Vice étatique” (2003)
[Sept]
Les descentes c’est monnaie courante, les dépendances fréquentes, descendance mourante. Substances et liqueurs décapantes tentent d’aliéner. Six heures tapantes, alignés sous des bâches sur la pente, assignés aux taches les plus harassantes. Esclaves de l’ère technique, pris dans l’enclave interethnique. Avant qu’un père t’explique, un flic quitte son imper’ et te nique. Des voix cassées effleurent parfois des leurres, à la lueur glacée la sueur et les pleurs suivent le même tracé vertical. Encrassés jusqu’aux cervicales, la crise finance Byzance. On brise un silence clérical, on sonorise, l’insistance lyricale on se l’autorise. Assistance médicale, ils te lobotomisent ou ils te sodomisent.
[Iraka 20001]
Quand l’arc-boutement du corps et de l’âme ne forment qu’un, au nom de ceux qui chaque soir s’endorment sans qu’un espoir, aucun, n’absorbe la sueur de ces matins similaires depuis tant et se répétant dans ce putain d’éreintant train-train. C’est la course aux bénéfices du spéculateur contre le chariot élévateur qui, entre l’intérimaire et le rêve s’immisce, révélateur d’une différence de mode de vie, une différence de fiche de paye, une différence de codes, une différence d’envie ; en bref, une différence tout court, frère. Et de par tout ce que ma salive soulève, je ferai tout pour la faire ressortir.
Refrain
Tes droits se figent face au grillage. Des piges à l’étroit tassent ta clique. La loi, dans quel sillage les kisdés l’appliquent ? Le resquillage que les pistés pratiquent voit l’occasion d’un quadrillage systématique. Vision d’un maquillage du vice étatique.
[Sept]
Je crache ma déprime du haut des gouttières, je lâche des rimes, chasse des primes sur toutes les cartes routières, m’exprime comme un rat pris dans la souricière. Série noire d’un soir de Sabbat, chasse aux sorcières, territoires en force hier où le sort s’abat à coups de cabas dans des portières. La résistance annonce un combat rance, viscéral, prend l’apparence d’un minéral qu’on lance, réponse aux carences. Un contrat au sens littéral, on se bat pour ce que des idées valent sans viser l’idéal, les yeux mis-clos à tiser sous l’enclos de fil barbelés, à pactiser. Plus d’un raclos s’est écorché vif, harcelé, forcenés martelés. Sociétés secrètes morcelées décrètent des mots ensorcelés, des crévés empiètent sur les barèmes encore scellés. A la diète comme au carême, des rapaces se prêtent à rêver à plus de cuisses qu’en comptent les harems, plus de comptes en Suisse que le pape place de blasphèmes, plus de manifestants sous la Seine qu’au temps du FLN, plus de coups qu’ils en assènent.
[El Ness]
Qui, chaque fois, se situe au-dessus des lois ? Qui se soucie des voix des gens comme toi et moi, qui ne croit qu’en soi ? Qui ne voit qu’en toi celui qui vit dans l’oisiveté ? Qui déçoit par ses choix les mêmes sournois qui pointent de surcroît le doigt sur toi, et de sang froid exploitent et s’octroient les mérites ? Nous faisons malheureusement preuve de trop de naïveté. Dur de garder un regard spirituel sur l’état actuel du pays dans lequel je vis. J’écris et décris, en dépit de leurs cris, de leur mépris, leur arrogance, cette ambition destructrice et leur vanité. Le remord ne les supplicie guère, leur principale préoccupation reste leur côte de popularité. Les plus démunis composent, se consolent et consomment que le strict nécessaire. Une vie caractérisée par trop de frugalité, nous nous exprimons que par la brutalité. Qu’ils aillent se faire… Non, non, non, sans vulgarité ! Chaque feu tricolore possède son sans-abri, maintenant, fric claqué dans l’armement bêtement. Depuis près de vingt ans, l’Etat taxe le tabac et l’alcool et mène des campagnes contre en même temps. On manipule la justice, pour preuve l’immunité parlementaire, trop de fois pris la main dedans : non exemplarité. Il est nettement temps de clarifier, se reprendre sainement, que des têtes tombent réellement. J’ai un pincement devant le grincement des gamins bafouant le règlement, mais pleinement foi en eux et fermement décidé de trouver le moyen de s’élancer. Haine compréhensible, à douze piges certains en ont vu plus que le doyen des français.
Refrain




