Soklak-Paroles “Pas de place” (2006)
On m’a dit “travaille à l’école, sans diplôme t’auras que dalle”
J’ai répondu “j’suis pas bénévole, ils ont qu’à me donner de la maille”
J’ai perdu mon temps à faire le mariole entre torgnoles et mandales
N’écoutant que mon ras l’bol et les conseils des vandales.
Aujourd’hui j’colle au sol, pas d’CV colossal L
es employeurs t’ignorent et t’proposent des boulots sales
Car je fut ce cancre faisant le pitre sur l’estrade
Qui n’est pas rentré dans les stat’ de réussite au bac
J’connais pas Isiah Thomas j’ai toujours pas de piston
Aux entretiens d’embauche j’appelle le patron fiston.
Les pieds sur son bureau je lui chine un Montecristo,
Et pendant qu’il me fait son numéro
Lui endort son briquet d’aristo
C’est le genre à avoir des revues salaces dans l’attaché case
Qui juge de ta valeur à la gueule de ton costume trois pièces
C’est le genre qui te licencie en t’disant qu’il fallait bien t’conduire
Alors que le type se fait fouetter par des salopes en cuir
Y’a pas de place pour moi
Sur le marché de l’emploi fictif
La mairie de Panam’
A déjà tous ses effectifs
Marre de voir parader ceux qui ont le plus de maille
Marre de devoir obtempérer aux injonctions d’la flicaille
Aujourd’hui tu fait le champion demain c’est le revers de la médaille
Tu crois garder ta direction mais ils te font lâcher le gouvernail
La fracture est sociale et loin d’être superficielle
Comme un trauma facial causé par le tranchant d’une pelle
J’attendrais pas ma carte Vermeille ou d’avoir un pied dans le cercueil
Pour me nachav’ au soleil en faisant un casse à la Verneuil
Leurs métiers d’avenir ça fait pas de nous des veinards
J’préfère garder mon honneur que rentrer dans leur scénar’
Car je suis cet artiste débonnaire ultralibertaire
Pas dans la figuration genre
Vampire des couloirs souterrains orné d’un pin’s de contrôleur
Flic à la solde du pouvoir et de ses dérives sécuritaires
Militaire, alors que j’rêve de paix sur la terre ?
Maton ? Tu m’as pris pour un de tes pions ?
Y’a pas de place pour moi
Sur le marché de l’emploi fictif
La mairie de Panam’
A déjà tous ses effectifs
On veut profiter de notre jeunesse
et pas s’tuer au taf
Beaucoup s’tournent vers l’business pour pas rester en carafe
Ou bien vers l’ivresse pour ne plus subir les affres
D’une existence sans liesse dont tu supportes les frasques
Les strass on laisse aux autres strates de la société
Préférant laisser des traces genre calligraphie au fat
Des solos ou des feats, sur des beats qui déboitent
Ton système pue la défaite car il nous souhaite à 4 pattes
Pas facile de se plier à leur protocole hiérarchique
Etre une brebis docile qui ferme sa gueule et prend son SMIC
Quoi j’taffe man et alors ? Mirobolant n’est pas mon salaire
Smicard jusqu’à la mort
Qu’aurait voulu vivre peinard au grand air
Me barrer sous des cieux moins austères
Loin des villes de connards où fleurissent aux réverbères
des caméras pour te trikar’
Faut que je taille que je parte que je prenne la tangente
Loin des pénates spartiates où l’autisme l’emporte
Y’a pas de place pour moi
Sur le marché de l’emploi fictif
La mairie de Panam’
A déjà tous ses effectifs





Agibi
Putain de texte au poil…