Chronique du “Jeu du pendu” dans International Hip Hop

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Grâce aux replis spasmodiques du marché du disque, les MC’s ayant des choses à dire ne sont désormais plus masqués en permanence par le bouchon de crétineries qui dissimulait largement la grande richesse du Rap français ces dernières années. Pour les amateurs de bon Hip Hop, on ne présente plus Sept, déjà auteur en 2003 du très bon “Amnésie” qui lui permit de rentrer dans le cercle très fermé des authentiques MC’s français. Virtuose de l’écriture doté d’un flow grave imposant et presqu’intimidant, le revoilà après 5 années de retrait associé au producteur Lartizan, un autre orfèvre en son genre. De cette alliance motivée par des approches sans compromissions du Hip Hop est né “Le jeu du pendu”, un sacré morceau ! Du premier au dix-huitième morceau, l’auditeur se retrouve happé par une démonstration d’intelligence et d’efficacité. Pas de refrain, pas de structues simplistes mais juste une efficacité ultime faite de rimes ardentes, d’instrus lumineux et de scratchs signés DJ Skeezo ou Boolchampion. Vous le préssentez au ton enthousiaste de cette chronique, c’est bien un petit chef-d’oeuvre que Sept et Lartizan ont patiemment bâti à l’ancienne, sans se soucier des tendances et des formats plébiscités par les radios. Cinglant dans ses commentaires sur le Hip-hop (”Les lois de la gravité”, “Tu tues”, un passe d’armes brillant avec SOklak, “Un seul principe”, “Je ne suis pas seul” avec l’excellent Iris), terriblement saignant dans ses commentaires sociaux (”Diogène”, “Désintégration”) et impressionant dans les morceaux plus personnels (”Lame soeur”, “Le jeu du pendu”), cocasses (”Le sexe en K7″), quand il ne terrasse pas la concurrence avec des exercices de style techniques (”Classe A”, “Karaoké pirate”, “Correspondances” avec Faro), Sept peut toujours compter sur la terrible habilté musicale de Lartizan pour illustrer avec une grande expressivité toutes ses thématiques. Un album qui prend aux tripes, alternant gravité, désinvolture, aplomb ou colère. Un des classiques francophones de 2009.
Par Yann Cherruault.









