Calvin Harris à l’Alhambra (Paris), 11 mai 2009

15 mai 2009 - Ajouter un commentaire

visuel-calvin_report-mai-2009
Par Aircoba

11 mai 2009. 19H30. Après avoir pris l’apéro à la régulière, dans un petit bar à tapas de la rue Yves Toudic, mon comparse et moi pénétrons l’Alhambra. Le concert de Calvin Harris affiche complet depuis plus d’un mois. C’est donc ce soir que ce sérieux candidat à l’élection du type le plus cool du monde (il suffit de lire ses messages sur son myspace ou son twitter si vous avez déjà un pied en 2010) fait escale à Paris. Un coup d’œil rapide au merchandising et c’est la première déception de la soirée. Visiblement, le marketing a eu raison du bon goût. La cible est clairement établie : le marché des ados moutons qui achètent tous le dernier haut moche (mais à la mode) de chez H&M. Au choix, t-shirt or fashion ou fashion argent.

Pas grand monde dans la salle, quelques putes à franges et des jeunes qui ne savent pas boire à en juger par la flaque de bière dans laquelle ils pataugent. Les anciens arriveront un peu plus tard. Un blond mixe en tongues et en marcel vert. Il envoie un titre de PUZIQUe (house de Berlin) et enchaîne sur Daft Punk, histoire de ne pas en perdre la moitié au bout de vingt minutes. 20H. Le DJ remballe son matos pendant que les lumières s’éteignent. Pony Pony Run Run débarque pour une première partie secrète façon Franc-maçonnerie. Le groupe fait patienter tout ce petit monde en balançant quelques titres allant du pas franchement bandant au pas mauvais du tout (’Hey you’). Avec un son pop électro marchant sur les traces de groupes comme Cut Copy, cette première partie aurait finalement pu être une bonne surprise si elle n’avait pas été gâchée par un titre construit sur un air de synthé-accordéon franch-ouillard-ment naze et insupportable. Dans l’ensemble, le groupe français s’en est quand même pas trop mal sorti face à un public qui n’attendait qu’une chose : l’arrivée de Calvin Harris.

En 2004, ce jeune écossais n’était qu’un simple employé de Marks & Spencer qui, après sa journée de taff, faisait un peu de musique dans sa chambre. Un parmi des millions. Depuis, il a bossé entres autres pour Kylie Minogue et Dizzee Rascal, et fait quelques remixes pour deux ou trois groupes de la scène pop rock indie du moment (CSS, The Ting Tings). Il a également sorti un album, sobrement intitulé “I created disco”, composé d’une bonne moitié de tubes taillés pour le dancefloor. Et surtout, il n’a toujours pas grandi. Accueilli en petit prince par un public parisien plus chaud qu’une Paris Hilton repoudrée à la coke, Calvin Harris déboule sur scène comme dans une MJC. A 24 ans, il a le charisme d’un gosse dans une cour de récréation. Il sautille partout, fait joujou avec ses synthés et boit beaucoup d’eau. Dès lors, comment résister à cet enfant prodige ? Sa candeur et son talent lui assurent un succès certain. Car Calvin Harris est définitivement bankable en 2009. Coca Cola vient même de s’attacher ses services pour sa prochaine campagne publicitaire. Bien plus connu pour ses talents de compositeur/producteur que ses prouesses vocales et malgré un essoufflement certain sur la fin, l’écossais chant(onn)e étonnamment plutôt bien. Et ce n’est probablement pas le fruit du hasard. Derrière une apparence de jeune branleur cool, se cache très certainement un gros bosseur. Le show est carré, les musiciens (guitare, basse, batterie, clavier) sont rodés. Calvin Harris propose un set provoquant moiteurs et petits pas de danse, fidèle à ce qu’on pouvait attendre, composé de quasi tous ses tubes (’This is the industry’ et ‘Dance wiv me’ passeront à la trappe) et d’une bonne poignée d’inédits. ‘Disco heat’ ouvre le bal. D’entrée, les corps se déhanchent et les têtes s’agitent. Avec ‘Colours’ entrecoupé de gros breaks et de montées destructrices, ‘I created disco’ rock n rollisé pour l’occasion et l’imparable ‘The girls’, les nuques sont sérieusement mises à mal. Les quelques nouveautés jouées ce soir ne lèvent pas vraiment le voile sur le prochain album tant les sons ont pu être différents. Peut-être sera-t-il simplement plus éclectique que le premier ? Ou peut-être qu’il est trop tôt pour en parler ? Quoiqu’il en soit, pas d’inquiétude pour la suite, Calvin a joué deux tubes sur quatre inédits. Il consolide ses stats. Après avoir bouclé le show sur son dernier single ‘I’m not alone’, il quitte la scène, épuisé, en balbutiant approximativement au revoir. A peine plus poli qu’un sale gosse.

Le concert a été court (environ une heure) et intense. Un concours de miss t-shirt mouillé aurait pu (qui a dit dû ?) être organisé à la sortie. Pas de rappel mais les sourires et les rougeurs ne trompent pas : Calvin Harris rocked the house. Un menu maxi best of et un café plus tard, un bus bleu passera tout juste devant mes yeux. Il en faut parfois peu pour être heureux.

7 commentaire for “Calvin Harris à l’Alhambra (Paris), 11 mai 2009”

  1. 1Rg Prod

    Comme je te l’ai dit Aircoba, sympa ce petit billet retrospectif / concert.
    Je ne connais pas tant de chose que ça de Calvin Harris…
    Avec un peu plus de temps, faudrait que je m’y colle un peu plus.

    Sinon et là ça concerne plus le site LZO.
    Je ne pense pas être le seul à penser ça, disons que c’est un peu inattendu ce genre d’articles même si on nous avez annoncé du changement dans “je marche seul” et “horizon élargi”.
    Intriguant dans un sens car pour un site d’un label, ça donne l’impression de partir un peu dans tous les sens. Même si j’imagine que vous savez mieux qui quiconque ce que vous faites. Je parle evidemment en tant que lecteur et surfeur assidu.
    J’attends de voir la suite !

  2. 2admin

    Je ne vois pas plus d’éparpillement que quand il y a eu un article sur Booba, personnelement. A part que c’est du Rap, et pas Calvin Harris, mais l’interview Sek est dans la lignée Rap et j’crois comprendre que tu l’inclus dans ta surprise.
    Accueillir Aircoba et d’autres c’est une façon d’avoir un contenu de qualité de façon plus régulière, qui reste créé par des gens qui aiment les artistes présents ici, mais peuvent ouvrir à d’autres horizons musicaux, et donc d’autres visiteurs…etc
    Pas de mystère là dessus !
    De toute façon, plus on avance, moins on fait les choses normalement, on verra comment ça évolue tout ça !

  3. 3Rg Prod

    Ce que je disais n’a rien a voir avec le rap ou non.
    Et je ne me rappelle pas de l’article sur Booba dont tu parles. Qu’importe de toute façon.
    Cela n’avait non plus rien a voir avec Aircoba (ça me fait toujours plaisir de le lire) ou d’autres.
    Juste que mes oeillères me font dire que ça me parait suprenant sur un site d’un label bien spécifique.
    Le billet sur Sek c’est différent, car ça se sentait bien que c’etait le beatmaker et directeur artistique qui parlait.
    L’interview (bien que donnant envie pour la suite, mais cela n’a rien a voir), même si elle est liée, c’est plus suprenant aussi. Ca donne des allures de webzine tout ça, au bon sens du terme.
    Donc oui cela m’intrigue.
    Et je le repete, mais c’est ma vision de lecteur. Et ce n’etait aucunement une critique négative.

  4. 4Julien

    Je pense grosso modo la même chose que RG. Le billet est cool et c’est toujours un plaisir de lire Aircoba. Mais je comprends mal ce que ça vient faire là, et j’avoue que cette volonté d’ouverture me laisse assez perplexe. Ca me donne un peu l’impression que t’as envie de créer un gros blog participatif ou un webzine et qu’à défaut de le lancer tu regroupes tout ici. Je voyais plus LZOrecords.com comme le site du label, avec infos sur les artistes du label et leur actualité. A la limite, tes billets à toi, style “édito”, comme t’as déjà pu le faire. Ou pourquoi pas des billets de gens à propos des artistes, avec leur ressenti d’auditeurs, ou même des billets des artistes eux-mêmes. Mais des billets de comptes-rendus de concerts de Calvin Harris ou autre chose n’ayant absolument aucun lien avec LZO, ça me semble plutôt “hors-sujet” :)

    D’ailleurs t’avais pas déjà évoqué cette question et fait deux blogs distincts y’a quelques mois ?

    Donc là je suis plutôt étonné, mais aussi curieux de voir ce que ça va donner.

  5. 5admin

    Merci de vos retours, à réfléchir !

  6. 6admin

    Un peu réfléchi… héhé… disons que c’est un premier billet, on va boir si Aircoba souhaite continuer avec nous, peut etre en ciblant plus les themes,mais en général, la démarche est qd meme de s’offrir des excursions hors du domaine reservé du label, qui daileurs n’a pas vocation a sortir que du rap, et pourrait tres bien demain sortir un calvin harris des batignolles !
    Mais je comprend tres bien. On ne fait ni un webzine ni u site de label pur, et vous aller biento voir que pour ce qui est de casser les barrieres de ce genre on en est qu’au début ! ; )

  7. 7aircoba

    Vu ce que j’ai touché pour ce premier billet, ça serait stupide de ne pas continuer. Et puis, si en plus tu payes ta tournée, moi je dis banco.

Leave a comment