Interview de DJ Sek (2/3)

Retrouvez Kessey sur Facebook
La première partie est lisible ICI
Comment ça se passe pour toi, le passage entre DJ des Little et créateur d’un label qui est Time Bomb ?
Grâce à l’expérience avec les Little, Sulee B avait pris l’initiative de monter un label sous forme d’association, Payback Records, et il y avait formé la Mafia Underground, pour qui j’officiais aux platines. Je faisais aussi du beatmaking pour eux. J’ai produit quelques titres qui ne sont jamais sortis. Du coup après j’en avais marre d’être le DJ, il fallait que j’évolue aussi, c’était normal. En parallèle à ça avec DJ Mars on étaient voisins, je l’ai connu en 89. Avec ses frères, ils organisaient des après-midi, des soirées, des concerts. Ils faisaient venir Deenasty, EJM, des groupes du Mouvement Authentik dont les Little. Ricky est venu me voir, il m’a dit que son frère Mars avait envie d’être DJ, qu’il s’était inscrit aux cours de Jimmy Jay à Bagnolet -qui était champion DMC- et qu’il n’en sortait pas satisfait. Comme il adorait les Little, Ricky m’a donc demandé de donner des cours à son frère.
De là, c’est créé une amitié entre leur famille et moi. En 94, avec Mars on commence à parler un peu, à lancer des idées au sujet de monter une association, un label indépendant, mais rien de concret. Ilanimait et anime toujours une émission de radio sur Vallée FM, (Hip-Hop non stop de 20h à 22h), je passais régulièrement le voir, je mixais des fois, je ramenais des disques de temps en temps. Et puis un soir, on se dit : “Hey faut qu’on fasse un truc ! Il y a La Cliqua qui sortent un EP chez Night and day, tout ça !”… On se dit : “Vas-y on va faire comme Wu-tang, comme Def Jam, donc comme La Cliqua, parce qu’eux aussi ils dégageaient la même énergie que les Américains. Ça s’est concrétisé entre mon home-studio et la radio de Mars, et quoi, deux mois après on se retrouve à Artistic Palace, un studio à Boulogne, en train d’enregistrer l’album Time Bomb, Volume 1. Avec leurs économies, Mars et Ricky ont décidé de monter le label directement en société, “on n’a pas blagué”, comme ils disaient. Comme je parlais un peu anglais, je me suis dit : “Vas-y… on va se la jouer un peu ricain aussi !”. Je me rapelle des cabines téléphoniques d’où j’appelais, j’envoyais des faxes du bureau de Ricky, je parlais avec des ingénieurs américains avec un vieil anglais un peu maladroit. J’ai booké Masterdisk, car je voulais absolument que sur notre vinyle il y ait la signature de l’ingé, et l’empreinte, le “stamp” du studio. Quand tu achètes un disque vynil de Public Enemy,par exemple, tu vois le “stamp” Masterdisk. Et c’est d’ailleurs, grâce à ça que plus tard, je rentrerai chez Delabel en tant que DA : pour tous ces trucs-là je suis un”ouf”, j’adore lire les crédits sur les disques : savoir qui sont les musicos qui jouent dessus, les noms des ingé, des studios, où ça été enregistré et masterisé, qui est à la production du projet, le label, etc…
Donc, on a eu la chance de travailler avec un ingé américano-jamaicain qui vivait à NYC. David Kennedy qui bossait entre-autres pour A Tribe called Quest, Mos def, Heavy D dans l’album “Blue Funk”, Patra, Sly and Robbie… Il connait le son, quoi. Pour nous à l’époque, franchement…
Quand vous avez monté la structure, vous aviez déjà des artistes avec vous ?
Non, mais tout ce que je peux te dire, c’est que Mars avait son émission de radio et qu’il y invitait des groupes, donc du coup, il avait déjà un petit tracklisting en tête…
Moi, je connaissais quelques personnes aussi, car je trainais pas mal à Orly et Vitry, je connaissais déjà Different Teep, Idéal J, des potes à eux… Donc, j’avais déjà une idée de qui je voulais faire entrer dans la compile. C’est aussi grâce à Juan Marco, aka JMG de l’époque des New Générations MCs, maintenant producteur de Gen-Si. Je l’appelle un jour : “je fais un casting de rappeurs t’as pas des gars ?” “Passe chez moi je vais te présenter un mec qui fait des démos avec des rappeurs du 19ème”. Je vais voir Juan, il me fait écouter la cassette, direct je dis : “Ouais c’est bon”, je fais écouter à Mars, pareil. On était tombé sur ce qui allait devenir les X Men. Donc, on les rencontre chez Ill, où Cassidy et Hifi étaient présents. On leur propose le truc, on leur expose le plan. Ils sont partants, ils plongent direct dans l’aventure. Hifi lui ne se disait pas X Men. D’ailleurs, c’étaient pas X Men, c’étaient les Rookie MCs, et Hifi n’a jamais été X Men, il a toujours préféré garder son identité en tant que soliste.
-Keenan, de l’Or Noir, arrive dans la pièce et s’installe avec nous-
Comment ça se passe, vous faites des contrats avec les mecs ?
Ouais… ouais, on est une boite hein, et puis je sortais de l’aventure des Little, j’ai remodelé des trucs, et on a fait appel à des juristes dans la musique aussi. On a proposé un contrat d’enregistrement pour un titre à chacun des artistes : EJM, Accord parfait d’Orly, Ziko de la brigade, les 3 coups, les 2bal, Ed, de New York et Izm. C’est ce dernier qui nous avait présenté à David Kennedy, qu’il avait rencontré via son groupe Mama intellect (qui avait sorti un maxi et avaient bossé avec lui). On a enregistré le projet à Boulogne, et quelques semaines après on partait à New York le mixer dans le basement de David Kennedy, au New Yorker, un grand hôtel de Manhattan. On a mixé au 30ème étage, du délire, c’était mi-roots, mi-pro, c’était mortel. Il y avait U God qui passait, un peu arrogant déjà, et on croisait dans l’ascenceur Channel Live (un groupe que produisait Krs1). Dans le même floor, il y avait aussi Rawkus, qui venait de se créer, je me rappelle même que Mars avait filmé la porte avec le logo dessus.
Quand la compile sort, vous ressentez l’impact tout de suite ?
Oui. En fait la compile est sortie en deux versions, une première avec la pochette blanche et un sticker (Big up à Quest) et une deuxième, en quadri, et il y a un engouement dessus, les médias de l’époque s’emballent, L’Affiche, Da news, Tha Truth, tout ça. De connexion en connexion ils nous ont tous appelé, comme Jean Pierre Seck (NDLR : co-fondateur de 45 Scientific plus tard) par exemple, qui était à l’époque pigiste à L’Affiche. Et un jour, je ne sais plus qui, un des journalistes, je (ne) sais plus lequel, Stéphanie Binet peut-être, a fait courir le bruit qu’on cherchait un deal de distrib’, et c’est là qu’un jourPatrick Colléoni de Night & Day nous appelle. J’apprends par sa bouche qu’il a été influencé par sa fille, qui écoutait du Rap et qui à l’époque sortait avec un des membres de La Cliqua. Il me l’a répété mot pour mot : “Papa il faut que tu les signes, parce qu’il y a des bons rappeurs”, je crois que c’était plus par rapport au phénomène X Men “J’attaque du mike”. Les retours venaient plus sur ce titre-là. Donc, on signe chez Colléoni, on se fait plaisir, on le represse avec une nouvelle pochette plus pro et quadri, puis on décide de sortir un maxi pour officialiser le “vrai” crew, avec qui on signe des contrats d’artistes. En même temps, on rencontre par l’intermédiaire de Ill : Pit Baccardi, Jedi, Oxmo. Diable rouge, lui c’est par l’intermédiaire des 3 coups, qui trainaient aussi à Cergy, d’où il venait et où Mars avait des amis. On a été plus ou moins conseillé par les rappeurs, et on avait aussi l’oreille, on se dit clairement : “il faut monter un groupe de tueurs”. Donc on sort le maxi “J’attaque du mike” avec un remix, “J’attaque du Mix”, Diable Rouge en version longue (car sur la compile il ne fait que 45 secondes), et pour boucler la boucle on sort le “Time Bomb explose” (featuring X Men-Diable Rouge-Pit Baccardi-Jedi-Lunatic-Ziko de la Brigade) pour dire : “Attention, on arrive ! C’est ça le crew !”. On a enregistré et mixé au studio Blackdoor, dans le 9ème (big up a Thierry Legros !), Le D’n'D français, squatté par pas mal de monde : DJ Medhi, La Brigade, La Mafia K’1Fry y sont passés… Puis, on retourne à NYC avec Ricky, et on change d’ingé mastering : comme on écoutait énormément le second Mobb Deep, super bien mixé, on masterise dans le même endroit, avec Leon Cervos à Absolute Audio. Le maxi sort, le tsunami déferle…
Cette aventure dure combien de temps dans la forme qui est restée légendaire ? C’est une période assez courte finalement ?
De 96 jusqu’à fin 97
Qu’est ce qui fait que ça se délite à un moment, c’est les personnalités des gens ?
Ouais c’est ça, voilà.
Est-ce que vous vous n’étiez pas un petit peu trop dans la musique et n’avez pas assez essayé de monter un business, de verrouiller vos gars, etc… ?
On a verrouillé mais pas assez, mais tout ce que tu as dit c’est ça, sinon. Il fallait peut-être doubler le travail, mais bon il y a eu un buzz énorme sur ces groupes-là, c’était aussi à eux de savoir qui écouter, à qui se fier, on leur a conseillé de faire le bon choix, et la suite on la connait. Comme ils étaient tous de Paris, ils trainaient tous ensemble dans les même coins, les mêmes squats, les même spots, nous on est de Marne-La-Vallée, on avait pas trop le temps. Notre préoccupation c’était plus de faire vivre le label, de développer des projets, pour eux, quoi ! Quand on était à Blackdoor ce qu’on voulait faire, c’était sortir un album Time Bomb sous forme de mixtape. Cachin nous disait “mais pourquoi pas en CD ?”. Nous on lui dit “mais on a pas les moyens !”, on avait juste de quoi sortir une mixtape, et tout le monde sortait des mixtapes, c’était le moyen le plus efficace, et le moins coûteux… Quand Cut Killer sortait ses mixtapes, quand même, c’était quelque chose ! Donc on avait décidé de sortir comme ça (dans le même format), et malheureusement ça ne s’est pas fait car il y a eu cette histoire à la FNAC Ternes qui a changé la donne, donc changé l’état d’esprit, changé leurs choix…
Ça a été l’émeute quasiment. Ça leur est monté à la tête, c’est-ce que tu veux dire ?
Ouais, voilà. Et donc, il y a des personnes qui ont fait des hold-up mentaux dans la tête de nos rappers, qui bougeaient ensemble quand nous on étaient dans notre coin à se prendre la tête pour eux, à faire des instrus, préparer la suite… Les deux seules personnes qui ont choisi de rester avec nous c’était Oxmo et Pit. Les Jedi ont plutôt préféré suivre leurs “grands frères”, les X Men, par respect. Avec du recul, je pense que les Jedi, qui étaient les plus jeunes du crew, seraient restés avec nous, si ils avaient eu le choix et plus de maturité…
Ça ne se fait pas, de ne pas suivre les grands frères…
Voilà… tu as raison. Lunatic, eux, ont choisi de partir après une discussion avec Géraldo, ils ont pas philosophé pour se demander si ils quittaient Time Bomb ou pas, quoi.
Il y avait aussi Générations qui faisait beaucoup parler.
Ça a aidé aussi certains à dire “Attention, X Men, Lunatic, tout ça, vous êtes connus les mecs, pourquoi il n’y a pas encore d’album solo ?”, alors qu’on prévoyait tout ça.
C’était à double tranchant.
Exactement, le pire c’est qu’on les avait informé d’un planning de sorties, ils étaient tous d’accord avec notre proposition : d’abord la mixtape, et après on sort les deux grosses machines qu’étaient X Men et Lunatic. Je me rappelle très bien que quand Sad Hill 1 est sorti, les deux titres qui revenaient le plus dans la bouche des gens c’étaient celui d’Oxmo et de X Men.
Pas que sur Sad Hill, c’était un peu le cas à chaque compile.
Oui, il y a aussi Hostile Rap en 96 avec “Pendez-les” et “Le crime paie”.
Ça a projeté beaucoup de gens sur Générations d’ailleurs.
Ouais… Je me rapelle d’IAM aussi, qui étaient en extase sur ce qu’on était en train de construire, pas qu’eux, La Cliqua, Secteur Ä aussi…
C’était un peu l’idéal quoi, le label totalement indé, avec que des tueurs…
Ouais… Un des anciens de Delabel m’a dit juste avant de signer Oxmo : “On a été bluffé sur le titre “Mama lova” d’Oxmo. Juste sur un titre, qu’ils ont écouté en séminaire d’été !
Oxmo qui finalement est arrivé en dernier, présenté par les autres, signe en premier chez une major.
On avait proposé a Delabel de faire un label deal comme l’avait fait Kenzy avec Secteur ä, mais apparemment, c’était une question de budget, et à l’époque, à part IAM, ils avaient “peur”, ils étaient encore frileux, ils ne voyaient pas encore le potentiel, ils voulaient pas prendre de risques. Ils auraient dû.. Enfin, c’est pas grave. Donc, on signe Oxmo fin 97 et on enquille le studio pour “Opéra Puccino” entre Paris et Toulouse, Davout et Polygone. On a fait descendre un ingé cainri. Quand t’écoutes “L’école du micro d’argent” IAM, tu prends une claque, niveau patate dans le mix. Donc, on a pris Prince Charles Alexander, le même ingé qu’eux, qui a aussi travaillé pour Biggie, Mary J. Blige… Pit, plus tard, décidera de sortir un album chez Secteur ä, donc on négocie une rupture de contrat.
Arrivé à ce moment là vous êtes un label avec un artiste majeur, Oxmo, que vous avez placé en maison de disques, vous travaillez son développement. Quels sont vos autres projets, est-ce que vous vous refermez sur lui en vos disant : “Il y a eu trop de mésaventures” ?
Ouais, voilà, ouais… L’état d’esprit de cette époque là c’est : “On se focalise sur Oxmo”, malgré ce qui nous est arrivé. Donc, on se concentre dessus avec Mars et Ricky.
Vous faites toute la réalisation d’”Opéra Puccino” et vous le livrez clé en main ?
Voilà, ils avaient juste à faire les chèques.
Comment tu te retrouves en maison de disques, je crois que tu as une expérience de directeur artistique chez Delabel ?
C’est juste à la sortie de l’album d’Oxmo. Quand on était en studio, il y a quelques personnalités de maison de disques, la boss et le DA, en l’occurrence Laurence Touitou et Lucas Minchillo, qui venaient souvent nous voir. Ils remarquent que je suis assez sérieux dans le boulot, puis ils me proposent fin 98 un poste de DA junior.
Que veut dire le “Junior” ?
C’est un DA qui doit “faire ses preuves”. Le DA fait plus dans le people, il rencontre des artistes non signés en sortant dans les soirées, en assistant à des concerts, recevoir et écouter les K7 démos, il fait les connexions inter-artistes, alors que moi je faisais un suivi plus administratif, je tenais et planifiais des budgets d’albums, je recevais des artistes aussi en écoute, tout en me déplaçant autant et un peu partout comme le DA, puis quelques années plus tard, je deviens DA.
Est-ce que ça ne te déporte pas de toute ton activité Time Bomb ?
Je ne la met pas de côté, mais effectivement Delabel prend beaucoup de mon temps, moi je ne faisais pas les 35h, en plus je kiffe, comme je te disais depuis que j’écoute des disques, que je vais digger, je regarde tous les crédits, qui a bossé dessus, les réal’… Ce côté que j’ai développé a plu à Delabel. Du coup, je passais beaucoup plus de temps dans mon boulot, et je gardais un pied chez Time Bomb via Oxmo.
C’est ta principale activité Oxmo, chez Delabel ?
Non, après je me suis retrouvé à bosser avec Tonton David, IAM, Arno, Daddy Nuttea, Freeman, Keziah Jones, les Rita, M., je deviens plus ouvert et éclectique en genres musicaux.
Ça dure combien de temps cette aventure-là ?
Je suis rentré officiellement en Janvier 99 jusqu’en Mai / Juin 2003.
Et pourquoi ça s’arrête ?
Il y a un premier plan social. La crise commence à faire parler d’elle vers 2002, fin 2001 même. Avec les débuts du piratage, mais surtout à cause des artistes qui ne fonctionnent pas au sein d’EMI, au sein de Virgin, ou qui quittent Virgin. Des artistes internationaux. Et eux, quand ils partent, faut leur filer un gros chèque pour qu’ils se calment, et donc il faut faire des plans sociaux pour rééquilibrer.
Quand tu t’en vas c’est quoi ton état d’esprit, tu es content de ce que tu as vécu ?
Oui, de super bons souvenirs, je remercie tous ceux qui m’ont fait confiance.
Si demain tu devais repartir dans une grosse structure comme ça, ça te botterait ?
Oui, il n’y a pas de souci.
Des regrets sur cette période ? Des trucs qui ne se sont pas faits ou autre ?
Je regrette de ne pas avoir eu la possibilité de signer un ou deux artistes en particulier, Corneille. Il était venu me voir et ça le bottait.
Á part Oxmo, il y a un truc dont tu es particulièrement fier ?
Nuttea. Franchement, c’était mon premier grand projet au sein de Delabel où on m’a dit : “Vas-y, le dossier est entre tes mains débrouille-toi”. Passer de l’indé à une major, ça a été kiffant ! Aussi, Keziah Jones, avec qui je me suis vite lié artistiquement sur “Black Orpheus”, sorti en 2003… Ce sont de purs souvenirs, humainement parlant, il y a une amitié, quoi, c’est mes potes. Keziah je l’ai croisé récemment encore, il est plus sur Paris qu’ailleurs maintenant. Avec IAM aussi, ou Tonton David, quand il fallait qu’il revienne sur le marché, on a passé pas mal de temps ensemble. Mais Nuttea ça reste LE souvenir.
(à suivre)










SOMNO
J’ai eu un peu envie de pleurer en lisant cette page avec tous les trucs avortés… Putain.
Interview magique Laurent, j’espère que tu mesures la chance que tu as eu d’avoir tout ce matériau-là
(salaud).
Lartizan
Con comme je suis, je pense surtout à tous les rebonds que j’aurais du faire et que j’ai zappé pris dans l’écoute de ses réponses, et à ce que j’envisageais de faire et que j’ai zappé (mais je crois que JB va se faire plaisir dans le genre, donc bon !).
Surtout rencontré des mecs carré, cools, et pas du tout grosse tête, chai pas, c’est kiffant dans ce milieu ou ons e sent extra terrestre a 90 %.
DOM
Enorme interview ! Respect !
Bientôt la suite… ?
Lartizan
Merci : )
Très vite oui si possible !
nodey
tres bon l’itw !
Sally Clarke
I enjoyed your interview, liked the whole thang! My favorite is the Opera Puccini album,I really love the track “Hitman” how did you write such a dope track & what inspired you?