Il reste 12 jours pour passer voir l’expo “Parcelle 507″, photos d’Iris (et oui son nom n’est pas un hasard, ni sa rareté dans la musique !) prises lors de ses différents séjours à Dakar, et plus particulièrement de ceux avec qui il partage ces moments que l’on sait chers à son cœur depuis qu’on a écouté “Ciel ether” la première fois.
Si vous êtes comme moi déjà fan de l’artiste pour sa musique, et sur Paris en cette fin aout, n’hésitez pas, qui sait, il sera peut-être même sur place, dispo pour une petite causette sur la musique, l’image…
Le Lucernaire, 53 rue Notre-Dame des Champs, Paris 6ème.
“J’me suis construit dans le déclin, j’ai pas peur d’y retourner si c’est mon destin”
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Le groupe des Hauts-de-Seine Less du 9 tirait son nom d’une contraction à double connotation : “L’essence du 92″, entre besoin de vérité et envie de foutre le feu.
Si on supposait que Nessbeal a fait de même avec son blaze, aucun doute que le sens en serait “Nécessaire bile”, tellement l’écoute de sa discographie en solo ou au sein de son groupe Dicidens confirme ce sentiment.
Roi fantomatique des damnés, la voix au diapason, il lance chacune de ses rimes, de la plus terre-à-terre à la plus poétique, comme autant de plaintes douloureuses doublées d’une menace permanente, l’ensemble résonant du fond d’un gouffre doublement profond : son environnement d’une part, dur et sans espoir, et sa psyché de l’autre, hallucinée et modifiée par les substances. Les deux se cumulent en un magma glacé et glaçant (ne porte-t-il pas une grosse doudoune et sa capuche sur la cover de son premier LP ?), recraché via une technique sans faille et une interprétation habitée.
Quand ça fonctionne à bloc, comme ici, il tutoie l’essence de sa musique.
Rimes instinctives est le candidat idéal au poste de morceau-coup-de-surin : il s’agit d’une courte introduction d’album sans refrain, place classique dans un tracklist pour une tuerie bien brute (tous les tracklists de B2O en sont l’exemple). Une montée de haine façon rien à perdre, entre dénigrement de ses ex-partenaires et des têtes d’affiche et dégout face à l’échelle de valeurs en place.
En fait de coup de surin, ce n’est pas d’une simple balafre qu’il s’agit, mais bien d’une série d’effilochages hystériques et pourtant méthodiquement enfoncés dans le ventre impotent d’un milieu musical noyaute par les réseaux, le copinage et les apparences, le tout balancé avec un flow au scalpel et la spontanéité d’un mec qui s’emporterait lors d’une impro tellement ce qu’il raconte nourri sa rage.
La zic’ de Skread comme à son habitude sert le propos sans zèle, rien de fou, non, juste la torche allumée qu’il fallait approcher de la bouche du cracheur de feu pour transformer l’essence brute qui en jaillit en flammes glacées, forcément glacées… Nécessaire Nessbeal.