Fred Yaddaden - Biographie

« This is a song about a rose »… Sept mots couleur sucre amer. Sept mots simples en exergue et clôture d’une œuvre éthérée. Sept mots samplés ailleurs, en Floride, il y a longtemps. L’album s’appelait « The use of ashes », le groupe Pearls Before Swine. En français : « des perles à des cochons ».
Ça raconterait quoi, une rose, si ça pouvait parler ? Ça parlerait d’eau, de regards et de mots. Ça parlerait de lumières qui s’éteignent et de jours qui se lèvent, et se relèvent encore. Ça parlerait de ciseaux, de caresses, de conversations d’êtres à fleur. Ça parlerait des heures… De ces heures, et du silence qui s’ensuit. Ça parlerait de cycles et de vie. Ça parlerait d’oubli. Ça parlerait soif, ça parlerait fin, pliée dans une poubelle, œil dans l’éphémère, souvenir d’une intention… Oui, ça raconterait quoi, une rose, si ça pouvait parler ?
« The shadow of a rose » représente six années de la vie de son auteur. Enregistré entre 2003 et 2005, l’album a mis quatre ans à sortir. Le temps pour Defré Baccara, l’artiste, de renouer avec Fred Yaddaden, l’homme, et de signer ainsi. Pourquoi ce oui au nom ? Pourquoi ce temps ? « En réalité, l’obsession générale est qu’il y ait une cause… » disserte au milieu du disque l’écrivain Philippe Sollers.
Très jeune, à l’époque de la Cinquième Kolonne, son groupe de rap de jadis, Defré Baccara s’était fait remarquer. Une oreille, une patte, rien d’anodin… Puis les pétales l’ont happé. Les samples se sont empilés, la musique épurée. Les paroles ? Rares, l’artiste étant du genre mélodiste taiseux. Puis le temps a passé – infiniment long, infiniment lent. Fred a absorbé Defré, a hésité, s’est décidé.
« The shadow of a rose » est un album-né, une ombre portée. Saurez-vous l’écouter ?
Anthokadi.









