Iris expose au Lucernaire

18 août 2009

irisson415
Si vous passez dans le coin d’ici fin Aout…

Il reste 12 jours pour passer voir l’expo “Parcelle 507″, photos d’Iris (et oui son nom n’est pas un hasard, ni sa rareté dans la musique !) prises lors de ses différents séjours à Dakar, et plus particulièrement de ceux avec qui il partage ces moments que l’on sait chers à son cœur depuis qu’on a écouté “Ciel ether” la première fois.

Si vous êtes comme moi déjà fan de l’artiste pour sa musique, et sur Paris en cette fin aout, n’hésitez pas, qui sait, il sera peut-être même sur place, dispo pour une petite causette sur la musique, l’image…

Le Lucernaire, 53 rue Notre-Dame des Champs, Paris 6ème.

Mon Top 20 Rap français - 17ème : Nessbeal “Rimes instinctives” (2008)

13 août 2009

cougar415
“J’me suis construit dans le déclin, j’ai pas peur d’y retourner si c’est mon destin”

Retrouvez les billets “top 20″ de Lartizan tout l’été, en parallèle au grand référendum organisé par ABCDRduson.com

Le groupe des Hauts-de-Seine Less du 9 tirait son nom d’une contraction à double connotation : “L’essence du 92″, entre besoin de vérité et envie de foutre le feu.
Si on supposait que Nessbeal a fait de même avec son blaze, aucun doute que le sens en serait “Nécessaire bile”, tellement l’écoute de sa discographie en solo ou au sein de son groupe Dicidens confirme ce sentiment.

Roi fantomatique des damnés, la voix au diapason, il lance chacune de ses rimes, de la plus terre-à-terre à la plus poétique, comme autant de plaintes douloureuses doublées d’une menace permanente, l’ensemble résonant du fond d’un gouffre doublement profond : son environnement d’une part, dur et sans espoir, et sa psyché de l’autre, hallucinée et modifiée par les substances. Les deux se cumulent en un magma glacé et glaçant (ne porte-t-il pas une grosse doudoune et sa capuche sur la cover de son premier LP ?), recraché via une technique sans faille et une interprétation habitée.

Quand ça fonctionne à bloc, comme ici, il tutoie l’essence de sa musique.

Rimes instinctives est le candidat idéal au poste de morceau-coup-de-surin : il s’agit d’une courte introduction d’album sans refrain, place classique dans un tracklist pour une tuerie bien brute (tous les tracklists de B2O en sont l’exemple). Une montée de haine façon rien à perdre, entre dénigrement de ses ex-partenaires et des têtes d’affiche et dégout face à l’échelle de valeurs en place.

En fait de coup de surin, ce n’est pas d’une simple balafre qu’il s’agit, mais bien d’une série d’effilochages hystériques et pourtant méthodiquement enfoncés dans le ventre impotent d’un milieu musical noyaute par les réseaux, le copinage et les apparences, le tout balancé avec un flow au scalpel et la spontanéité d’un mec qui s’emporterait lors d’une impro tellement ce qu’il raconte nourri sa rage.

La zic’ de Skread comme à son habitude sert le propos sans zèle, rien de fou, non, juste la torche allumée qu’il fallait approcher de la bouche du cracheur de feu pour transformer l’essence brute qui en jaillit en flammes glacées, forcément glacées… Nécessaire Nessbeal.

Par Lartizan

Nessbeal-Rimes instinctives (2008)

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Mon Top 20 Rap français - 18ème : Rocca “Le grand Bluff” (1999)

29 juillet 2009

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“C’est ma passion, mon job, j’ai tout donné au Hip Hop”

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Rocca n’a jamais fait partie de mes MC’s préférés, affectivement parlant. Mais c’est sans aucun doute celui qui m’a le plus impressionné dans son assimilation des techniques de flow US de l’époque que je préfère (Kool G Rap, Raekwon, Big Pun, Nas… au choix).
Dans sa première incarnation (en gros de “Conçu pour durer” à son premier solo), Rocca était plutôt du genre ultra expressif, sans doute plus dans le giron d’un Redman cuvée 92 /93. A cette époque, il n’était pour lui question que d’accélérations et de syllabes trainantes, d’effets vocaux ( “puis… BANG !!!”), et d’intonations chantonnées. Chaque série de 4 mesures donne lieu a un nouveau kata lyrical, souvent précédé d’une pause comme pour prendre son élan. Une interprétation surjouée qui vieillit vraiment bien et on écoute 14 ans après encore avec un kif rare “Conçu pour durer” de la première à la dernière seconde (demandez a Fred Yaddaden). Pourtant en 2009, j’ai encore plus de plaisir à écouter son flow de 99 que celui de 95. Oh, ce n’est pas très important hein, ce qui est important c’est de ne pas oublier à quel point ce mec est doué.

Pourquoi choisir un titre qui est à priori de seconde zone dans une discographie par ailleurs riche en temps forts ?

“Le grand buff” est un peu le morceau miroir de “Rap champion” (solo de Daddy Lord C.) sur l’album “La cliqua”. Chacun son solo, chacun son ambiance, rangez les pianos, les violons, sortez les vibraphones, la cocotte de guitare, chacun le sien, chacun son petit texte sur le Rap, rien de profond, juste un état d’esprit martelé de 100 manières phase après phase, et surtout ne pas oublier que les cuivres et les scratchs ensemble, ça déchire. Juste du Rap, on ne peut plus simple.

Commençant par 8 mesures a capella pas si dingues (voire ridicules pour certaines…), “Le grand bluff” a pour moi un truc à part : l’idéal d’un flow technique et coulant et d’un son au plus près de mes références ultimes. Quand ce disque est sorti, j’avais commencé le son depuis deux ans à peine, et même si le beat n’est pas impressionnant techniquement, loin de là, sa mélodie couplée à la voix de Rocca, les cuivres placés avec une totale sauvagerie, la simplicité pure du tout, le roulement rythmique tellement simple et addictif, la snare et son petit crunch discret, les refrains, magiques (le petit son qui répond au cuivre, le scratch…), les cuts (bon OK le break sur Manau n’était pas indispensable) et leur reprises… Et ce mecs fait sonner les mots comme personne.

Le texte n’est pas inoubliable, c’est vrai, c’est un peu scandaleux dans un tel top. Juste une déclaration d’amour au Rap, comme il y en a des dizaines, pas de punchline incroyable, pas de couplet déchirant. Ma préférée pourtant, à faire tourner en boucle.

Rocca - le grand bluff

Get the Iphone arm today !!

24 juillet 2009


“You need the Iphone arm”

Quel rapport ? Qu’est-ce que fout cette vidéo (surement storewars pour beaucoup de monde) sur ce site ? Ho, rien, ou presque. En plus de me faire délirer, c’est un bon petit teaser pour la saison 2 d’AFPAN.

Coming sooner than you thought

Mon Top 20 Rap français - 19ème : Expression Direkt feat Rohff - Pour 100 balles t’as plus rien (1996)

23 juillet 2009

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“Les go’ j’trouve ça spécial, mais au bout d’un moment ça m’saoule”

L’album-concept “Guet-apens” était un must-have en 96 : entre l’excellente version alternative (ou est-ce l’originale ?) de “La roue tourne” nommée “Au sommet de la gloire” et rivalisant avec celle parue sur la compile L432 l’année suivante, l’incroyable exercice d’auto-dérision “Arrête ou ma mère va tirer” (Respect éternel à Express D pour leurs morceaux tour à tour comiques, humanistes, hardcore, touchants, funky, conscients et j’en passe… bref pour avoir bien avant les autres développé le concept du bâtard sensible, et l’être vraiment), le morceau avec Abuz “Il boit pas, il fume pas, mais il cause” ou encore le track anti-8.6 “Plus dur sera la chute” avec Jaguar Gorgone.

Que des titres de chansons tirés de titres de films (et la pochette au diapason), plein d’invités d’horizons différents, un tracklist resserré (11 titres dont un remix et une interlude, merci au revoir, suffisant pour marquer un grand coup), des thèmes frais, les lyrics dans le livret, bref un side-project “comme on en fait plus” (expression qui devrait revenir souvent dans ce top, et ne me traitez pas de vieux con).

Au milieu de tout ce beau monde, une révélation brute, un mec que je ne connaissais pas avant (apparemment il avait déjà posé une seule fois sur un titre d’Idéal J, “Show business”), et dont le nom va monter en flèche à toute vitesse, qui dégueule ici une véritable profession de foi : Rohff.

Pour sa seconde apparition, donc, le Comorien mange le micro avec une dalle gangsta encore jamais vue chez un rappeur auparavant. Quand on l’entend pour la première fois débouler sur ce track, avec ses mots simples, son style qui s’en bats les couilles et son absence totale de démagogie, on sait instantanément qu’on est devant un mec dont on va reparler. Jamais l’argent n’avait été abordée sous un angle si décomplexé, à l’extrême opposé du scolaire et attendu “L’argent pourrit les gens” (par le seul groupe hardcore qui faisait se pâmer les médias grand public en général et Canal + en particulier au début des 90’s). Sans doute aussi un des plus gros fist-fucking dans le derche de tous les théoriciens du “rap-poésie des banlieues” de l’époque (ce qui n’enlève rien aux qualités d’un MC Solaar, ce n’est pas la question), un véritable Easy E dans l’impact, du rap’n'forget comme je n’en avais jamais entendu jusqu’ici en France, sur un son aussi ruff que funky, et tellement artisanal que le mettre dans mon top 20 est à la fois complètement incohérent et définitivement indispensable. Quasiment aucun titre de Rap français ne m’a fait autant ressentir l’urgence et la détermination, avec des mots simples et un flow à la fois conquérant, élastique et spontané.

Ah, et… les deux mecs d’Expression Direkt (plutôt simples intervenants en fin de morceau qu’artistes principaux) sont en (bonne) vitesse de croisière, tout coule, et le refrain est PARFAIT. Je rêverais de récupérer les pistes séparées de ce morceau (parmi d’autres) pour le rafraichir.

Quant à Squeegee, je réfléchi encore à la place à leur attribuer dans mon top.

Lartizan

A suivre…

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