Mon Top 20 Rap français - 15ème : La rumeur “Le coup monté” (1996)

8 novembre 2009

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“Matérialiste j’ai pas le choix, opportuniste tant mieux” (Ekoué)

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Sorti la même année que le 16ème de ce top, “Le poison d’avril”, premier volet d’une trilogie et première trace discographique de La Rumeur, en est le parfait pendant. Sorti en totale indépendance, quand Gynéco est marketé en fanfare par Virgin, sans visuel autre qu’un sticker (le visuel ci-dessus est celui du CD, mais on y voit bien le vinyle en question), là où Bruno nous invite dans sa piaule et multiplie clips colorés et regards charmeurs, produit à la machette par des Kool M et Soul G débutants et munis d’un simple sampler alors que “1ère consultation” est luxuriant d’instruments et d’arrangements, sorti en petite série vinyle anonyme quand le CD du Doc envahissait les bacs et les pages de pub, lui drogué aux calembours et aux pirouettes ludiques, eux pas un sourire, juste la sentence.

“Le poison d’avril” n’en est pas moins aussi important dans l’histoire d’une musique qui se cherche une identité face au mastodonte US. Et vice-versa. Comment expliquer en 96 à une midinette “Salope à moi” que le Rap c’est aussi ça, comment expliquer à un Trotskiste en baggy jeans et fac de socio’ que Gyneco n’est pas l’antéchrist ? Peu importe, au final, 13 ans après on peut bien se contenter de se rappeler la variété de l’offre artistique d’une époque déjà lointaine. Et sa qualité, surtout.

“Le coup monté”, c’est le traditionnel posse cut du dernier track, celui qui ne va pas aller bien profond dans le propos, mais qu’on se repassera facilement. Premières apparitions des amis d’Ekoué, son brut et tribal, rimes sans fin qui chevauchent les mesures pour finir la phrase, formules choc, sample unique de voix qui suffit au propos (”shut the fuck up”), pas de refrain, bien entendu, non, juste une profession de foi sans illusions ni concessions ou faux-semblants, encore moins de bien-pensance. Et dès le tout début, le fric, l’égo, le dégout, l’absence de circonstances atténuantes pour la France et cette histoire sale comme celle de l’Homme, l’envie de casser pour faire payer, mais aussi de créer pour expliquer et pour exister, tout simplement.

Le + de La Rumeur : un vocabulaire ultra évolué, une richesse grammaticale exploitée à fond, phrase choc sur phrase choc, inutile de citer. Ekoué bas du front, Hamé universitaire convaincu et convainquant, le Paria et le Bavar expéditifs, puis “shut the fuck up”. Pas mal de petits passages durs à déchiffrer à l’écoute, aussi, j’ai toujours adoré ça, les passages troublants (quelqu’un connait “N’aimant que Manille et la scier pour des billets”, apologie des voyages exotiques et des gigolos ?).
Évidemment, “Blessé dans mon ego”, “De l’eau dans mon vitriol”, tout ca… OK, OK. Mais j’allais quand même pas consacrer une place a chaque membre du groupe, non ? Si ? L’idée, c’est surtout que “Le poison d’avril” a marqué un énorme coup, en vrai.

13 ans après, le Doc a explosé en vol, la Rumeur continue son ascension.


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Par Lartizan

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Mon Top 20 Rap français - 18ème : Rocca “Le grand Bluff” (1999)

29 juillet 2009

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“C’est ma passion, mon job, j’ai tout donné au Hip Hop”

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Rocca n’a jamais fait partie de mes MC’s préférés, affectivement parlant. Mais c’est sans aucun doute celui qui m’a le plus impressionné dans son assimilation des techniques de flow US de l’époque que je préfère (Kool G Rap, Raekwon, Big Pun, Nas… au choix).
Dans sa première incarnation (en gros de “Conçu pour durer” à son premier solo), Rocca était plutôt du genre ultra expressif, sans doute plus dans le giron d’un Redman cuvée 92 /93. A cette époque, il n’était pour lui question que d’accélérations et de syllabes trainantes, d’effets vocaux ( “puis… BANG !!!”), et d’intonations chantonnées. Chaque série de 4 mesures donne lieu a un nouveau kata lyrical, souvent précédé d’une pause comme pour prendre son élan. Une interprétation surjouée qui vieillit vraiment bien et on écoute 14 ans après encore avec un kif rare “Conçu pour durer” de la première à la dernière seconde (demandez a Fred Yaddaden). Pourtant en 2009, j’ai encore plus de plaisir à écouter son flow de 99 que celui de 95. Oh, ce n’est pas très important hein, ce qui est important c’est de ne pas oublier à quel point ce mec est doué.

Pourquoi choisir un titre qui est à priori de seconde zone dans une discographie par ailleurs riche en temps forts ?

“Le grand buff” est un peu le morceau miroir de “Rap champion” (solo de Daddy Lord C.) sur l’album “La cliqua”. Chacun son solo, chacun son ambiance, rangez les pianos, les violons, sortez les vibraphones, la cocotte de guitare, chacun le sien, chacun son petit texte sur le Rap, rien de profond, juste un état d’esprit martelé de 100 manières phase après phase, et surtout ne pas oublier que les cuivres et les scratchs ensemble, ça déchire. Juste du Rap, on ne peut plus simple.

Commençant par 8 mesures a capella pas si dingues (voire ridicules pour certaines…), “Le grand bluff” a pour moi un truc à part : l’idéal d’un flow technique et coulant et d’un son au plus près de mes références ultimes. Quand ce disque est sorti, j’avais commencé le son depuis deux ans à peine, et même si le beat n’est pas impressionnant techniquement, loin de là, sa mélodie couplée à la voix de Rocca, les cuivres placés avec une totale sauvagerie, la simplicité pure du tout, le roulement rythmique tellement simple et addictif, la snare et son petit crunch discret, les refrains, magiques (le petit son qui répond au cuivre, le scratch…), les cuts (bon OK le break sur Manau n’était pas indispensable) et leur reprises… Et ce mecs fait sonner les mots comme personne.

Le texte n’est pas inoubliable, c’est vrai, c’est un peu scandaleux dans un tel top. Juste une déclaration d’amour au Rap, comme il y en a des dizaines, pas de punchline incroyable, pas de couplet déchirant. Ma préférée pourtant, à faire tourner en boucle.

Rocca - le grand bluff

Interlude Top 20 (2) - Volte tracks

24 juillet 2009

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AKO ou B2H ?

Ça rend un peu dingue à faire ce Top, alors des fois je ne sais plus trop où j’en suis, je mélange un peu tout, j’ai des visions troublées, comme si par exemple Booba avait fait “Métèque et Mat”, et Akhénaton “Ouest Side”… Tiens, je me demande à quoi ça aurait pu ressembler d’ailleurs… A ça peut-être ?

Akhenaton - Azur Coast

01-Gentil garçon
02-Surveille l’orangeraie
03-Le plouc de Bologne
04-BouleBill
05-Azur coast
06-13 au zoo feat FF, 3eme oeil, Psy4 de la rime et Chiens de paille
07-Oui-oui (Glau-glau-glauque dans les Bouches-du-Rhône) feat Bouga (clash régional)
08-Whippet
09-Je me souviens de tout feat Akira Arugushi
10-Étoiles filantes
11-Au bout des rêves feat Tairo
12-Gun in plastic feat Cali
13-Au premier rang - feat Shurik’n
14-Couleur ivoire
15-Outro

Booba - Ma tech’ est mate

01-Je cause pas
02-J’te crame même sans essence
03-Viens paza t’plaindre
04-Ma vie ton rêve (interlude)
05-Ma tech’ est mate
06-6h du mat, studio 287 (Interlude)
07-J’ferais jamais la queue aux assedics
08-Au fin fond d’une Maybach
09-Le single MP3
10-Di Polipoppers (Interlude viens j’te mets bien)
11-Cainri
12-Les autres ont six rondelles
13-Dirigé vers l’Ouest
14-Je suis peu d’êtres
15-Triple B (Boulbi Bad Boyz) feat Beat 2 Boul
16-Attila
17-Un brain de hun
18-Je partouze avec mes démons
19-Triple B part 2 feat Sir Doum’s, Mala, Lim, Salif, Dany Dan & Zaho
20-T’as plus de piles

Moi je dis, on l’a échappé belle.

Lartiz

Mon Top 20 Rap français - 19ème : Expression Direkt feat Rohff - Pour 100 balles t’as plus rien (1996)

23 juillet 2009

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“Les go’ j’trouve ça spécial, mais au bout d’un moment ça m’saoule”

L’album-concept “Guet-apens” était un must-have en 96 : entre l’excellente version alternative (ou est-ce l’originale ?) de “La roue tourne” nommée “Au sommet de la gloire” et rivalisant avec celle parue sur la compile L432 l’année suivante, l’incroyable exercice d’auto-dérision “Arrête ou ma mère va tirer” (Respect éternel à Express D pour leurs morceaux tour à tour comiques, humanistes, hardcore, touchants, funky, conscients et j’en passe… bref pour avoir bien avant les autres développé le concept du bâtard sensible, et l’être vraiment), le morceau avec Abuz “Il boit pas, il fume pas, mais il cause” ou encore le track anti-8.6 “Plus dur sera la chute” avec Jaguar Gorgone.

Que des titres de chansons tirés de titres de films (et la pochette au diapason), plein d’invités d’horizons différents, un tracklist resserré (11 titres dont un remix et une interlude, merci au revoir, suffisant pour marquer un grand coup), des thèmes frais, les lyrics dans le livret, bref un side-project “comme on en fait plus” (expression qui devrait revenir souvent dans ce top, et ne me traitez pas de vieux con).

Au milieu de tout ce beau monde, une révélation brute, un mec que je ne connaissais pas avant (apparemment il avait déjà posé une seule fois sur un titre d’Idéal J, “Show business”), et dont le nom va monter en flèche à toute vitesse, qui dégueule ici une véritable profession de foi : Rohff.

Pour sa seconde apparition, donc, le Comorien mange le micro avec une dalle gangsta encore jamais vue chez un rappeur auparavant. Quand on l’entend pour la première fois débouler sur ce track, avec ses mots simples, son style qui s’en bats les couilles et son absence totale de démagogie, on sait instantanément qu’on est devant un mec dont on va reparler. Jamais l’argent n’avait été abordée sous un angle si décomplexé, à l’extrême opposé du scolaire et attendu “L’argent pourrit les gens” (par le seul groupe hardcore qui faisait se pâmer les médias grand public en général et Canal + en particulier au début des 90’s). Sans doute aussi un des plus gros fist-fucking dans le derche de tous les théoriciens du “rap-poésie des banlieues” de l’époque (ce qui n’enlève rien aux qualités d’un MC Solaar, ce n’est pas la question), un véritable Easy E dans l’impact, du rap’n'forget comme je n’en avais jamais entendu jusqu’ici en France, sur un son aussi ruff que funky, et tellement artisanal que le mettre dans mon top 20 est à la fois complètement incohérent et définitivement indispensable. Quasiment aucun titre de Rap français ne m’a fait autant ressentir l’urgence et la détermination, avec des mots simples et un flow à la fois conquérant, élastique et spontané.

Ah, et… les deux mecs d’Expression Direkt (plutôt simples intervenants en fin de morceau qu’artistes principaux) sont en (bonne) vitesse de croisière, tout coule, et le refrain est PARFAIT. Je rêverais de récupérer les pistes séparées de ce morceau (parmi d’autres) pour le rafraichir.

Quant à Squeegee, je réfléchi encore à la place à leur attribuer dans mon top.

Lartizan

A suivre…

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Interlude Top 20 Lartizan (1)

22 juillet 2009

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Car “on sait d’où on vient, où on va, ce qu’on fait et pourquoi on le fait”

Pris d’un soudain accès d’égocentrisme, Lartizan (Delon de son nom de famille) a décidé que son top 20 Rap français méritait bien 20 billets distincts. Et en plus il en rajoute une série pour se regarder réfléchir. On est pas dans la merde. (Lire la suite…)